mardi 17 mars 2015




L’OJAL contre la victimisation des afrodescendants



On entend souvent les gens dire (ou penser très fort) dans notre propre communauté, que « le Noir ne pense pas à demain », ou, comme le disait Mr. Sarkozy que « l’Africain vit au rythme des saisons, seul le présent lui importe » …
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S’il est vrai que notre communauté dispersée, aujourd’hui se soucie de satisfaire des besoins élémentaires, c’est parce qu’elle s’est retrouvée dans une situation d’urgence. Cette urgence est celle des clandestins qui risquent leurs vies pour un eldorado illusoire, celle des milliers de jeunes sur-diplômés travaillant pour le SMIC en France…

Mais ce qu’il faut comprendre de la situation actuelle et de l’enseignement de nos aînés, c’est que cette urgence ne prendra fin qu’avec la prise en main collective de notre communauté pour résoudre des problèmes qui nous sont particuliers, que l’on soit du Nord, du Sud, de l’Ouest ou de l’Est.

Depuis combien de décennie sommes-nous présents ici ? Et avec quels résultats ? Depuis combien de temps ramassons-nous que les miettes que la République daigne nous laisser ? Les afro-descendants sont les plus enclins à se plaindre du mauvais traitement qu’ils subissent à Lyon mais aussi plus largement en France. Que faisons-nous pour régler ces problématiques ? Qui attendons-nous pour le faire pour nous ? Sommes-nous réellement incapables, ou des enfants (comme la France aime si bien nous peindre) pour ne pas pouvoir faire ce que nous devons faire seuls ?

C’est à ces questions que le programme de l’Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon vient répondre. L’unité des afrodescendants et leur autodétermination, la création d’une conscience communautaire en vue d’une solidarité communautaire et d’une coopération économique et dans l’objectif du rapatriement sont les clés de l’élévation économique, politique social et culturel de notre communauté.

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 Si les problématiques de votre communauté vous touchent et que vous souhaitez apporter votre dynamisme dans la résolution de ces maux, si vous faîtes partie de cette nouvelle génération d’Afro-descendants qui misent sur le potentiel extraordinaire dont notre communauté dispose pour remédier à ses maux, alors rejoignez le mouvement, rejoignez l’OJAL.

Lu pour vous par Sassa KIENGA

Pourquoi, en tant qu’afro-descendants, nous ne soutenons pas les commerces de notre communauté ?


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C’est en arpentant les rues de Lyon, et notammant les quartiers fréquentés par les membres de la communauté afro de notre ville, en promouvant l’emergence d’une conscience communautaire, et en observant les commerces afro-descendants que l’Ojal a pu dresser le constat que nous tenons à partager avec vous ici afin que nous réfléchissions, mais surtout que nous agissions afin de faire mentir, à tout jamais, les faits qui sont énoncés ci-dessous et bâtissions une communauté puissante.


Dans ce présent article, j’ai compilé les prétendus raisons qui font que, nombre d’entre nous, ne soutiennent pas les entreprises de notre communauté :

  1. Les entreprises afro offriraient un mauvais service client
  2. Les entreprises afro essaieraient seulement de faire de l’argent rapidement et ne se soucient pas de leurs clients
  3. Les entreprises afro vendraient des produits bon marché (services inférieurs à la moyenne) à des prix exponentiellement élevés
  4. Les entreprises afro ne garantiraient pas ou peu leurs produits/services
  5. Les entreprises afro seraient très peu professionnelles/ghetto

La raison qui m’a le plus été donnée par certains afro-descendants pour ne pas soutenir les entreprises appartenant à un noir est que celles-ci seraient « ghetto » et peu ou pas professionnelles. Malheureusement, dans certains cas (ne nous mentons pas), cela est vrai, mais ça ne l’est évidement pas dans la majorité des cas. Beaucoup d’entreprises noires SONT professionnelles, et souffrent, malheureusement, encore de ces légendes urbaines, de ce genre de stéréotypes qui décourageant même les plus militants d’entre nous.
commerce afro
A croire que le simple fait qu’une entreprise, qu’un commerce, soit tenu par un des nôtres, rendrait soudainement les produits et services proposés moins bons que leurs concurrents blancs, arabes, juifs ou autres. Avons-nous fini par croire que nous étions incapables de gérer un business, que nos produits et services étaient indignes ?!

Mais, ce qui étonne (attriste) le panafricain que je suis, c’est de voir combien mes frères et sœurs aiment à se fournir chez les autres, dans des entreprises/commerces « non-noirs », ainsi que le fait que nous continuons à revenir malgré la manière dont nous sommes servis ou reçus sans parler de la piètre qualité des prestations de certains (beaucoup?!) d’établissements d’autres communautés… Pourquoi un comportement aussi stupide ? Pourquoi agir de la sorte, c’est-à-dire à l’encontre de notre propre intérêt en tant que communauté noire ?

Qui, parmi nous, n’a jamais consommé chez un « rebeu », un « noi-chi » ou je ne sais quel indo-pakistanais des produits périmés, abimés ou défectueux mais a pourtant continuer de fréquenter de tels commerces ; alors que si une entreprise appartenant à un noir avait fait la même chose nous nous serions jurés de ne jamais y remettre les pieds. Pourquoi sommes-nous si dur avec nos propres entreprises tandis que nous sommes beaucoup plus laxistes et compréhensifs avec les entreprises d’autres communautés ?

Combien de temps allons-nous mettre avant de comprendre que la maitrise de notre économie est une condition sine qua non pour que nous accédions à la véritable auto-détermination communautaire ? Il est grand temps pour nous de voir les choses comme elles sont et d’accepter la vérité qui est que si nous ne soutenons pas nos commerces/entreprises c’est parce que :

  1. Nous nous souffrons (du moins beaucoup d’entre nous) d’un complexe d’infériorité vis-à-vis des autres communautés, et sommes sujet à la haine de nous-même
  2. Nous supportons mal la réussite d’un (ou de plusieurs) des nôtres
  3. Nous pensons (inconsciemment ou non) que ce qui est blanc est meilleur
  4. Nous n’avons pas confiance les-uns envers les-autres
  5. Nous pensons que les Noirs ne savent pas comment faire fonctionner un business
  6. Nous ne voulons pas dépenser notre argent pour soutenir les nôtres
This is an image of two business hands performing a handshake.
Voilà de quoi enrager, et faire baisser les bras à ceux d’entre nous dont l’amour pour notre communauté est le moins sincère. Mais nous autres afro-descendants déterminés à élever coûte que coûte l’homme et la femme d’ascendance africaine, nous autres inspiré par l’Unité, l’Auto-détermination, la Solidarité communautaire, la Coopération économique et le rapatriement (quand il est possible), n’aurons de cesse de conscientiser les afro-descendants lyonnais de tous bords et de tout mettre en oeuvre pour inverser cette funeste tendance « by any means necessary » !!!

La vérité est dur à entendre, blessante, mais je ne peux me résoudre à m’apitoyer sur notre sort. Je préfère, de loin, consacrer ma vie à la promotion de la loyauté communautaire, et à l’unité des nôtres, car sans cela, rien ne pourra s’améliorer.

~ OJAL ~
Lu pour vous par Sassa KIENGA